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Oscar Anton : “Paris est au centre de ma musique.”

© Victor Laborde

Indépendant et ambitieux, le chanteur parisien Oscar Anton mélange la pop avec d’autres styles musicaux originaux, tels que la dance ou bientôt le hip-hop et la musique brésilienne. Rencontre avec un artiste qui ne manque pas d’inspiration.

Pouvez-vous nous présenter votre concept d’Home of Sanity 

Un pack est une sorte de mini-EP. Mon projet : sortir un pack mensuel. J’avais envie de faire plus qu’un morceau par mois, un peu comme une petite compilation. Chaque pack est composé de deux titres originaux, comme la face A et B d’un disque, et d’un bonus (mémo vocal, instrumental, remix, version live…).

Le but : être le plus spontané possible en partageant mon processus de création. J’ai signé en major chez Universal Music pendant deux ans et demi. Cela s’est bien passé dans l’ensemble, mais j’avais besoin d’indépendance. Surtout, je ne comprenais pas l’absence de développement, voire de stratégie artistique. C’est un réel problème en major : on ne passe pas assez de temps sur les artistes ! Je voulais rester cohérent avec ma vision des choses, car la musique c’est toute ma vie, ma façon de rester sain mentalement.

Quel est précisément votre processus créatif ?

Il y a un côté “do it yourself” : je mixe, je réalise les couvertures des pochettes, je réalise les vidéos qui accompagnent chacun des titres et je produis même les clips. Pour accompagner les 24 titres originaux, il y aura donc autant de vidéos. Soit au total une journée d’images. Je me laisse la possibilité de les reclipper plus tard, avec un vrai budget.

J’y montre donc ma vie, par tranches. Paris est au centre de ma musique, puisque j’écris dans ma chambre transformée en studio. Je parle beaucoup de musique dans mes textes, mais aussi de mes 23 ans et de mes rêves.

Paris le jour ou Paris la nuit ?

Paris la nuit, vraiment. Je n’aime pas quand il y a beaucoup de monde. Ça me donne le blues de me balader sur les marchés ou sur le bord de Seine un dimanche après-midi ! Déjà, mes horaires de travail sont complètement décalés : je déjeune à 17h, je dîne à minuit et je me couche vers 4h.

Je préfère l’intimité de la nuit. Quand je crée, j’ai l’impression qu’on ne va pas trop m’écouter. J’aime bien l’idée que je travaille pendant que les gens dorment. Et j’aime cette ambiance particulière. D’ailleurs, je sors pas mal vers minuit pour me balader. J’ai l’impression d’être plus libre.

Oscar Anton © Victor Laborde

Comment définiriez-vous votre style, celui d’un jeune Parisien de 23 ans ?

Très simplement : de la pop, au sens large ; une pop qui n’a ni frontière ni barrière au format chanson. J’essaie à chaque fois d’avoir des packs un peu différents, en tout cas j’essaie de nouveaux styles musicaux. Récemment, j’ai été assez influencé par la musique brésilienne, la bossa nova, le jazz. J’écoute aussi du rap, plutôt du hip-hop. Donc, il y aura des titres jazzy et urbains, comme des choses très dance (voir Pack de janvier), des ballades (voir Pack de février). Le pack de mars sera beaucoup plus électro avec un solo de flûte à l’intérieur.

Comme je suis indépendant, je peux faire ce que j’ai envie. Donc, je ne me limite pas. Cette année, je veux rester spontané. Plus tard, je ferai peut-être des feat avec des amis.

Musique calme ou musique rapide ?

C’est difficile de choisir ! Même si j’apprécie les ballades, je dirai musique rapide. Cette énergie débordante permet de se défouler un peu. Surtout, quand j’écris, je pense beaucoup à la scène, à ce que ça peut donner en live, mon objectif final. Après avoir travaillé si longtemps en studio, être sur scène serait vraiment une consécration.

Pourquoi des titres originaux ?

Mes titres sont en effet originaux à 100 %. Je ne me sens pas trop à l’aise avec les reprises. Je les aime trop pour les changer. Je suis très influencé par ce que j’écoute, mais quand je fais une cover, j’apporte ma touche personnelle. Et puis j’apprends beaucoup plus en composant mes propres chansons.

Hormis les packs que vous sortez chaque mois, quels sont vos projets ?

Les packs vont m’occuper tout 2020. Mais j’écris aussi beaucoup pour d’autres artistes, je compose. Comme je le disais, je souhaiterais monter sur scène, mais avant je dois créer une base solide de personnes qui écoutent ma musique. Je cherche donc à sortir le maximum de titres afin de toucher un vaste public, tout en me faisant plaisir.

Propos recueillis par Eugénie Richert

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