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    Au Théâtre de la Ville, “Mycelium”

    Stéphanie Nègre 25 décembre 2024
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    Mycelium par le Ballet de l'Opéra de Lyon © A Poupeney

    La nature est une source inépuisable d’émerveillement et d’enseignement pour les sciences et les arts… Dans la danse, des chorégraphes et non des moindres – Merce Cunningham avec Pond way et Beach birds, plus récemment Crystal Pite ou Sharon Eyal – se sont inspirés, dans leurs pièces, des formes merveilleuses et surprenantes des règnes animal et végétal. Christos Papadopoulos est de ceux là. Régulièrement invité au Théâtre de la Ville avec sa compagnie, le chorégraphe basé à Athènes, est présent cette saison sur la scène parisienne avec Ties unseen interprété par le Nederlands Dans Theater lors de sa tournée française en octobre et Mycelium créé pour le Ballet de l’Opéra de Lyon.

    Une première silhouette apparait. Dans une pénombre crépusculaire, le danseur traverse la scène, suivi quelques minutes plus tard par un, deux puis l’ensemble des interprètes. Vêtus de costumes noirs fluides, les corps ondulent. Les têtes se balancent, les pas sont resserrés et nerveux, chacun effectue la même séquence chorégraphique. D’abord isolés, les danseurs vont se rassemblés en un groupe compact qui va parcourir le plateau en ligne ou en diagonale, tourner sur lui-même, se resserrer encore, se dilater, se reformer. Les mouvements vont évoluer ensuite d’une grande concentration vers plus d’amplitude dans les bras. Devant cette dynamique, d’une implacable rigueur, on pense aux murmuration des oiseaux, aux bancs de poissons ou encore aux vagues de l’océan. Mycelium repose sur des séquences chorégraphiques extrêmement vives, répétitives, exécutées dans une parfaite synchronisation par le Ballet de l’Opéra de Lyon. A certains moments, les danseurs semblent s’ignorer les uns les autres, et livrer leur partition en solitaire, portés par la composition répétitive du musicien électro Coti K ; à d’autres, les corps se répondent dans une connexion surprenante, sans que le spectateur puisse deviner comment passe la communication. On pense alors aux réseaux de racines qui soudent les champignons entre eux et auxquels le titre fait référence.

    Christos Papadopoulos a beaucoup observé la manière dont les groupes d’animaux et de plantes communiquent entre eux. Dans Mycelium, une inclinaison de la tête ou un subtil changement de direction va déclencher une nouvelle séquence. Comme dans la nature, le chorégraphe joue à faire exister ses interprètes individuellement puis à les effacer au profit du groupe, ce dernier devenant alors un objet dansant à part entière. Le résultat est passionnant.

    Stéphanie Nègre

    Mycelium sera repris par le Ballet de l’Opéra de Lyon du 12 au 14 mars 2025 à la Maison de la danse de Lyon dans le cadre de la soirée Nature Studies.

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