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    “Hommes Femmes de ma vie”, l’improvisation pour déconstruire nos relations sociales

    Elise TRABOULSY 8 décembre 2021
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    Avec son spectacle Hommes  Femmes de ma vie, joué en novembre à la Folie Théâtre, la Compagnie Smoking Sofa proposait un duo d’improvisation comique. Retour sur ce spectacle dans lequel nos relations sociales et genrées y sont explorées, questionnées et improvisées.

    Une interaction déroutante entre comédiens et spectacteurs

    Le spectacle débute sur un tango dynamique des deux comédiens, Muriel Ekovich et Jonathan Chaboissier, avant d’enchaîner sur la partie interactive. Les comédiens expliquent alors aux spectateurs qu’il faut d’abord choisir si ce spectacle tournera autour des six hommes de la vie d’une femme ou des six femmes de la vie d’un homme. Pour notre représentation, ce sera le premier cas de figure. Il faut ensuite choisir le nom de notre protagoniste : il s’agira ici de Diane. Puis, nous définissons tous ensemble l’identité des six hommes de la vie de cette femme. La salle est petite, l’ambiance est intimiste, les réponses fusent. C’est ainsi que se dessinent les différents portraits du grand-père charmeur de Diane, de son amant secret juriste, de son fils amateur de récits, d’un mystérieux et torride aventurier qui la sauve en montagne, d’un prêtre professeur de tricot, et d’un plombier maladroit et bouddhiste.

    Il est vrai que présenté ainsi, la méfiance est de mise. En tant que spectateur, il est légitime de s’interroger sur la tournure que vont prendre les événements et la façon dont ces différents personnages vont trouver une place dans la vie tumultueuse de Diane. Mais le défi est relevé, grâce à l’élément qui caractérise tout vécu : le temps.

    Un enchaînement de scénettes réussi

    Diane est tour à tour enfant, jeune adulte, femme fatale et dame du troisième âge. Elle se montre naïve, espiègle, joueuse, sensuelle et impitoyable. Les scènes se succèdent d’abord sur une même logique : l’un des personnages commence une action pendant que l’autre va tirer une carte avec l’une des identités évoquées plus haut. Ce dernier protagoniste doit alors improviser une conversation, en fonction de l’action entamée par son partenaire de jeu, et dans la peau du personnage tiré. Les scènes sont toutes plus cocasses les unes que les autres. Le public rit à gorge déployée.

    Lorsque tous les personnages ont été joués une première fois, ils réapparaissent dans un autre décor – fictif puisque les décors du plateau ne changent pas – donnant à voir les conséquences de la première interaction. Les scénettes se succèdent dans un rythme qui s’accélère continuellement mais le public n’en est pas perdu pour autant. Il reconnait les personnages, comprend les situations, rit des quelques quiproquos engendrés, des dialogues échangés et des situations grotesques.

    Des performances uniques et sur mesure

    La Compagnie Smoking Sofa tient son pari, en proposant ce spectacle qui réinterroge les positions sociales et genrées dans notre société. En effet, nous n’attendons pas d’une femme ou d’un homme les mêmes comportements, selon les âges et les situations. À travers Diane, nous avons l’exemple d’un vécu en accéléré, marqué par les hommes de sa vie.

    Ce qui est très intéressant avec le théâtre d’improvisation, c’est justement qu’il n’existe pas deux fois la même histoire. Un spectacle qui vous a plu peut être visionné à nouveau de nombreuses fois, avec des récits différents. Et rappelez-vous, c’est vous qui décidez des personnages et orientez l’histoire.

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