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Sulki et Sulku nouveaux héros de Jean Michel Ribes

Hélène Kuttner 21 novembre 2017
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© Giovanni Cittadini Cesi

Echappés de « Musée Haut, Musée Bas » où ils figuraient en tant qu’oeuvres d’art, Sulki et Sulku sont les nouveaux héros de Jean-Michel Ribes incarnés par de jeunes comédiens épatants, Roman Cottard et Damien Zanoly. Des Bouvard et Pécuchet coincés dans une installation muséale contemporaine high tech qui n’arrêtent pas de jaqueter comme des coqs mondains. Voici un délicieux et revigorant moment d’effervescence théâtrale !

Le pape derrière un jambon

Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point, est un polygraphe invétéré. Il aime autant les mots que les oeuvres d’art et se pique souvent de mettre tout cela en boite, à la manière des dadaïstes ou de Roland Dubillard. Sulki et Sulku ne l’ont jamais lâché, depuis qu’il les avait abandonnés dans une salle de musée, alors qu’ils prenaient la pose. Transformés en Bouvard et Pécuchet, rivalisant de bêtise ou d’intelligence, les voilà tous deux échangeant sur le Pape en mini-robe de bure,  l’opinion « qui est à l’humanité ce que la rappe est au fromage » où l’homme qui « pisse de l’essence ». Sur l’opinion, la Joconde, l’ennui ou la télévision, Ribes bat en brèche les idées reçues pour en distiller quelques autres, bien plus cocasses, tordues ou pleines d’un bon sens philosophique. C’est un véritable festival de dialogues aiguisés comme des couteaux suisses et où l’ironie, l’humour, se conjuguent avec une tendresse grave et désabusée.

© Giovanni Cittadini Cesi

Cottard et Zanoly, héros absurdes

Il faut dire que les deux comédiens, le grand dégingandé Romain Cottard, et le petit diablotin Damien Zanoly réussissent un petit exploit scénique en échangeant, à fleurets mouchetés, des salves de mots et de mimiques, sourire en coin comme des dandys anglais. Frais, vifs comme l’argent, nos deux zigotos méditent à la manière du Penseur de Rodin dans des costumes de Juliette Chanaud bigarrés de violet, d’orange et de jaune citron, se lancent dans le yoga postural en dissertant sur le football sans ballon, l’amitié amoureuse entre Montaigne et La Boétie ou le pop-art d’Andy Warhol. Bon, c’est vrai que ce concentré bouillonnant de blagues savantes ou salaces exigent quelques références, mais quelle acidité, quelle fantaisie revigorante aujourd’hui !

Hélène Kuttner

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