0 Shares 6569 Views

    Joachim Horsley – Interview

    Thierry Nossin 17 janvier 2018
    6569 Vues
    joachim horsley

    Parler d’un artiste ou pour un artiste qui ne serait pas capable de le faire, tient souvent d’un exercice de style périlleux. Mais quand cet artiste revendique une culture musicale qui va du jazz le plus classieux à la pop la plus joyeuse, du rock californien au classique souvent romantique, on veut en savoir plus de l’intéressé !

    Est-il difficile d’exister musicalement quand on n’appartient à aucune des « grandes familles » musicales tout en revendiquant leurs évidentes influences ?

    Je ne me pose même pas la question ! Toutes ces musiques existent en moi et ressortent au gré de voyages, de rencontres ou de concerts. Je ne m’inscris dans aucun mouvement musical particulier. J’espère rencontrer la même liberté avec le public dans ces voyages inattendus tout en respectant l’œuvre et son compositeur.

    Vous utilisez votre piano comme un immense orchestre à percussions. Est-ce aussi une évidence musicale ou une expérimentation heureuse ?

    C’est un mélange des deux. J’ai besoin du rythme et de la mélodie ensemble. Tous les sons sortis du piano font partie de mes arrangements au même titre que d’autres instruments.

    Pourquoi mettre la rumba cubaine au service d’œuvres classiques que l’on croit intouchables ?

    La musique est en perpétuelle évolution. Elle n’est ni scotchée ni attachée à une époque et à son compositeur. Les musiques devenues des références sont elles-mêmes le résultat de rencontres et autres métissages.Ma musique est celle de l’âme. J’essaye de toucher les personnes et de leur communiquer une émotion pleine de vie et de plaisir sans aucune prétention musicologique. Il se trouve que j’ai découvert la rumba cubaine et qu’elle m’a parlé immédiatement. La rencontre avec le chef d’œuvre de Beethoven a été comme une évidence et le succès que cette fusion a connue démontre que beaucoup de personnes l’ont ressenti aussi. La musique cubaine a déclenché d’autres rencontres avec des rythmes afro-descendants. Le blues, le jazz et par voie de conséquence le rock et la pop, trouvent leur essence dans les rythmes d’origine africaines. J’ai voulu associer la puissance d’œuvres classiques à l’authenticité de ces rythmes. Ce qui explique la présence de musiques capverdiennes et vénézuéliennes dans le CD. D’autres rencontres sont à venir assurément.

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=mZRb0FyAa9s[/embedyt]

    J’imagine que vous expliquez les passages dans la pop, les musiques de films et autres recherches de sons avec le même souci de « relecture » ?

    Je n’ai pas d’explication rationnelle. Mes musiques sont faites de ce que je suis.

    Si vous deviez mettre en avant des exigences essentielles dans votre travail…

    J’en ai trop pour toutes les citer car je suis perfectionniste. J’essaye d’aller le plus loin possible dans ma démarche et je ne peux me contenter d’un « copier-coller ». Je cherche la rencontre et la fusion. Être juste et ne pas faire de concessions avec moi-même est devenu une exigence majeure. Si je veux communiquer ma passion pour la musique et son universalité, je me dois d’aller au plus loin dans l’expression de moi-même.

    Ce n’est pas utopique de vouloir une communion avec le grand public par ces temps de marketing forcené ?

    Si ce n’est les artistes, qui va communiquer ce sentiment de vie et d’émotions qui nous anime. C’est un privilège d’avoir cette liberté ! Les artistes peuvent pousser les frontières du possible et apporter cette part de rêve. A eux de créer ces domaines musicaux où le partage, la fusion et l’émotion sont les seules limites. C’est le travail de toute une vie où l’utopie contribue à la création.

    Joachim Horsley

    ©Joachim Horsley

    Interview réalisée par Thierry Nossin, Label Music Associés.


    A découvrir sur Artistik Rezo :

    Joachim Horsley en concert aux Folies Bergères.

    En ce moment

    Articles liés

    « Scenes of marriage » : Grand Guignol conjugal et sanglant
    Spectacle
    113 vues

    « Scenes of marriage » : Grand Guignol conjugal et sanglant

    Au Théâtre de l’Odéon, le Suédois Markus Öhrn adapte avec masques et esthétique de choc « Scènes de la vie conjugale » d’Ingmar Bergman, une série télévisée diffusée en 1973 et qui reste un succès mondial. Pour mettre en...

    Le pianiste Jean-Baptiste Doulcet propose une soirée unique autour de la musique et du cinéma à la Salle Cortot
    Agenda
    158 vues

    Le pianiste Jean-Baptiste Doulcet propose une soirée unique autour de la musique et du cinéma à la Salle Cortot

    Pour son nouveau concert Salle Cortot, le pianiste Jean-Baptiste Doulcet propose une soirée entièrement dédiée à l’improvisation, une pratique essentielle dans le jazz mais rarement abordée ni maitrisée par les artistes dans le domaine de la musique classique. Pour donner...

    Ce week-end à Paris… du 22 au 24 mai
    Art
    217 vues

    Ce week-end à Paris… du 22 au 24 mai

    Art, spectacle vivant, cinéma, musique, ce week-end sera placé sous le signe de la culture ! Pour vous accompagner au mieux, l’équipe Artistik Rezo a sélectionné des événements à ne pas manquer ces prochains jours ! Vendredi 22 mai...