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    Correspondances – Gérard Garouste nous plonge dans l’univers de Kafka

    16 avril 2021
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    H'avrouta (la martre et Pinocchio) - 2019

    Après l’événement de sa rétrospective The Other Side à New Delhi, Gérard Garouste présente à la galerie Templon le fruit de trois ans de travail et un concept d’exposition tout à fait nouveau. Correspondances est une histoire de rencontre : celle de Gérard Garouste et de la littérature de Franz Kafka, mais aussi entre le peintre et un philosophe, Marc-Alain Ouaknin.

    À travers une vingtaine de tableaux, Garouste propose une plongée jubilatoire, et toute personnelle, dans l’univers de Kafka. Si par le passé, il avait déjà embrassé l’œuvre d’écrivains comme Dante, Cervantès, Rabelais ou Goethe, la démarche est ici inédite. Certes on reconnait ça et là le portrait de l’auteur tchèque. Certaines créatures semblent sorties de ses nouvelles, comme le “chat-agneau” et toute une collection d’écureuils et de martres. Mais l’esprit de Kafka est ailleurs. Il affleure dans la déformation des silhouettes et les paysages ambigüs, où réalisme et fantastique se cotoient avec naturel. Il transparaît dans la juxtaposition d’époques et de symboles, dont la profusion laisse présager mille histoires et filiations secrètes.

    Gérard Garouste s’amuse à décortiquer les mots et leurs sens. Kafka, à la fois auteur et personnage, héritier d’une tradition juive et incarnation d’une certaine modernité littéraire, catalyse une réflexion sur la puissance des mythes, l’oubli et leur résurgence irrépressible. Il convoque ainsi le Tintoret et Emmanuel Levinas, Pinocchio et Roland Barthes, Esther de l’Ancien Testament et la Samaritaine, Prague et Venise. Au-delà du classicisme revendiqué d’une peinture virtuose, il interpelle le spectateur contemporain sur son rapport à l’art, à l’image et à l’avant-garde.

    © Nicolas Brasseur

    Conçue comme un manifeste, cette exposition est la réponse de l’artiste à plusieurs années d’études auprès de Marc-Alain Ouaknin. Docteur en philosophie et professeur d’université, il s’est lancé depuis quelques années dans une exploration originale de Franz Kafka, et notamment sur ses rapports au judaïsme et la Kabbale. En prélude à un ouvrage à venir, Ouaknin publie à l’occasion de l’exposition un premier texte sur ses recherches. Comme Garouste, il nous embarque sur des chemins inattendus, des cimetières de Prague à la figure du Golem.

    En fin d’exposition, une vidéo, “Le carnaval des confettis. L’Alt-Neu-Kunst de Marc-Alain Ouaknin” réalisée par Olivier Garouste, documente l’interaction entre les deux hommes et offre un éclairage passionnant sur leurs “correspondances”. De leurs rendez-vous hebdomadaires ont surgi des réflexions sur le “Alt-Neu” (le vieux-nouveau) ou comment la pensée, comme la pratique artistique, peuvent se nourrir, grâce au langage, d’un aller-retour entre l’ancien et le moderne. Chacun à leur manière, ils nous invitent à repenser la langue, les représentations qu’elle véhicule, son lien à l’histoire et à l’inconscient, la légende et le sacré. www.altneufilm.com

    Pour approfondir la réflexion sur l’”Alt-Neu-Kunst”, l’exposition s’articule également autour d’un catalogue de près de 142 pages. À l’occasion, Vraiment peindre, un ouvrage d’entretiens de Gérard Garouste par Catherine Grenier, conservatrice en chef du Patrimoine et historienne de l’art française, a également été publié (Seuil).

    À propos de l’artiste

    Né en 1946, Gérard Garouste a été représenté par Leo Castelli à New York et par Rudolf Zwirner à Cologne dans les années 80. Il expose à la galerie Durand-Dessert à Paris de 1980 à 2001, avant d’entrer à la galerie Templon en 2002. Le Musée national d’art moderne de Paris-Centre Georges Pompidou organise en 1988 sa première exposition.

    Deux rétrospectives lui sont ensuite consacrées, en 2009 à la Villa Médicis de Rome (Le Classique et l’Indien) puis en 2015 à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence (En chemin). En décembre 2017, il est élu à l’Académie des Beaux-Arts de Paris. En janvier 2020, il reçoit le Prix Scopus, décerné par l’Université hébraïque de Jérusalem et en février 2020, une rétrospective d’envergure lui est consacrée à la National Gallery of Modern Art de New Delhi, en Inde. En septembre 2022, le Musée national d’art moderne de Paris-Centre Georges Pompidou lui consacrera une nouvelle et importante rétrospective.

    [Source : communiqué de presse]

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