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    Collectif l’œil flingué : “Et si la photographie était une invitation à revenir à l’essentiel ?”

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    ©collectifloeilflingué

    Le collectif l’œil flingué est composé de quatre photographes aux parcours différents, mais aux idéaux communs, voici leurs portraits.

    “Issus des quartiers populaires, nous connaissons la rue par cœur. Nous refusons que l’on nous attribue cette étiquette de photographe de cité, notre travail va bien au-delà et nous sommes conscients des risques qui vont avec. Nous sommes des électrons libres, c’est surtout la simplicité qui nous unit. L’ère que l’humanité traverse nous pousse à être de plus en plus individualistes et nous avons bien compris que l’union fait la force. Et si la photographie était une invitation à revenir à l’essentiel ? À s’ouvrir davantage aux autres ?”

    Cebos Nalcakan (@Picsandlove)

    © Picsandlove

    Cebos est un photographe originaire de Paris, du quartier de Barbès plus précisément. Passionné par la photographie depuis l’enfance, il se voit offrir son premier Reflex à l’âge de seize ans ; aujourd’hui, douze années plus tard, Cebos a peaufiné son style de manière assez spécifique : un noir et blanc, monochrome à l’aura sombre. Par le biais de photo-reportages, l’artiste sublime avec délicatesse la vie des minorités délaissées. Cebos voyage, et a notamment sorti un livre Fillipino, contenant plusieurs dizaines de clichés reportages aux Philippines. On lui doit aussi Paris Bezbar, un reportage dépeignant en photographies, le quotidien des toxicomanes des rues de Barbès. Cebos nous offre aussi un regard de la vie quotidienne dans le quartier. C’est un travail de mémoire, il conserve et retranscrit l’âme rendant Barbès si particulier. Multiculturel, populaire, un quartier marginalisé contenant pourtant tant de beauté.

    Mamad Diawara (@Acupicture)

    © Acupicture

    Mamad est originaire de Châtillon dans le 92. Il s’initie à l’art de la photographie argentique dès l’adolescence. Après une vingtaine d’années d’arrêt, c’est en 2016 suite à une rencontre avec le photographe Samuel Cueto, qu’il renoue avec cette passion. Rapidement, Mamad, s’achète ce qu’il appelle son “troisième œil”; un argentique et un boîtier numérique. Le photographe débute alors une quête du savoir, et son style se précise. Ce qui le touche ? La rue et ses enjeux sociaux. Il devient reporter urbain et se qualifie de “street photographer engagé”, parcourant les rues prêt à saisir la vie au sein des quartiers. Soucieux de rester fidèle à la réalité, le photographe privilégie l’instantané, le moment à l’esthétisme. Il se reconnaît dans la citation de Sabine Weiss : “Je photographie pour conserver l’éphémère, fixer le hasard, garder en image ce qui va disparaître”.

    Madou Drame (@Ladramstars)

    © Ladramstars

    Madou vit dans le 93. Il est fier de son département. Mais c’est un voyage au Sénégal, son pays d’ascendance, qui fait émerger la passion de l’observation chez Madou. À son retour, en 2001, il développe durant dix ans le concept “l’œil flingué”. Il s’agit de mettre l’accent sur les détails auxquels nous ne faisons pas attention. L’œil flingué c’est ce phénomène d’usure chez l’Homme, et celui de quotidien abîmé. Madou entame en 2014 la série À tort et à corps, Zone urbaine Photographique, Lumières-sous-Bois capturant le potentiel esthétique résidant dans la cité de son enfance, ici, c’est avec un regard aiguisé que les moments de vie sont naturellement saisis. Sa spécialité ? Les lignes, subtilement alliées aux lumières nocturnes de la ville. Il saisit le potentiel qui réside dans son environnement. L’humain n’est pas au cœur de ses photos, toutefois, il est bien présent, posé au sein d’un espace dont il n’est, pour une fois, pas le maître.

    Jean-Michel Landon (@LinstablePhotographie)

    © LinstablePhotographie

    Linstable est originaire de Créteil, ville dans laquelle il a vécu durant 40 ans. C’est en 2011, après des années de photographies à l’appareil photo jetable, que Linstable obtient un appareil numérique, son premier véritable cliché est pris au cœur de la cité dans laquelle il travaille en tant que travailleur social. Un travail d’immersion photographique débuté en 2012 intitulé La vie des blocs donne suite à trois reportages axés sur le quotidien des jeunes habitants de deux quartiers populaires de la ville de Créteil : Un été à la cité et À l’ombre des tours. Ces clichés, pris sur le vif, témoignent de la vie quotidienne des cités. Photographe social et humaniste, instable possède un univers photographique particulier, notamment en s’intéressant particulièrement aux sans-abris et aux parcours des réfugiés. En 2018, son premier livre photographique Une aventure inattendue est publié, il comporte six années d’images capturées dans les quartiers populaires.

    Soraya Assae Evezo’o

    À lire également sur Artistik Rezo : Quelques comptes de photographie de rue à suivre sur Instagram par Soraya Assae Evezo’o

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