0 Shares 470 Views

Rencontre avec Léa Pieche, fondatrice de la marque Les Grenades

Elise Marchal 11 juillet 2020
470 Vues

© Léa Pieche

Sensibiliser en mêlant subtilité et créativité à un objet du quotidien, telle est la volonté de la jeune créatrice de la marque Les Grenades. Léa Pieche nous fait découvrir son projet à la fois inspirant, responsable et solidaire.

Léa, vous êtes à l’origine de la marque Les Grenades, pouvez-vous nous en dire plus ?

J’ai créé Les Grenades en octobre 2019 à l’occasion d’Octobre rose, le mois dédié à la lutte contre le cancer du sein. Les Grenades c’est une marque de vêtements (essentiellement des tee-shirts) brodés, chaque collection est liée à une cause féminine et/ou féministe (cancer du sein, violences faites aux femmes, excision, endométriose…) avec une part du prix de vente reversée à une association ou institution liée à la cause soutenue.

Pourquoi avoir choisi le stylisme comme moyen d’expression ?

L’habillement s’est plus imposé à moi que je ne l’ai choisi. En fait j’avais commencé la broderie environ un an avant de lancer Les Grenades ; j’avais déjà en tête les tee-shirts à message que l’on peut voir un peu partout, c’est le vêtement universel par excellence.

© Les Grenades

Toute la marque est brodée avec amour par vos soins ; depuis quand pratiquez-vous la broderie ? Avez-vous un attrait pour d’autres formes d’art ?

J’ai commencé la broderie il y a environ 2 ans maintenant. Depuis l’enfance j’ai toujours aimé tout ce qui est “loisir créatif” sans forcément y voir une forme d’art. Par contre j’aime beaucoup les arts visuels : je suis le travail de photographes et d’illustrat.eur.rices sur Instagram, c’est une forme d’art que j’aime énormément.

Comment êtes-vous arrivée au design du premier tee-shirt ?

C’est un peu comme pour la forme qu’a pris Les Grenades, je n’ai pas cherché très longtemps le motif du premier tee-shirt. C’est sur Instagram (toujours) que m’est venue toute l’idée de ce projet avec la photo d’une broderie. Il s’agissait d’une broderie avec plein de seins de formes différentes, en la voyant j’ai de suite eu l’idée de reproduire ce motif sur des tee-shirts au profit de la lutte contre le cancer du sein.

Les Grenades, ce n’est pas seulement des tee-shirts. Quels sont les autres produits et quels matériaux avez-vous choisi d’utiliser ?

En janvier j’ai travaillé avec l’artiste Ginto, nous nous étions rencontrées pendant Octobre rose 2019. Elle avait réalisé une illustration pour raconter mon histoire avec le cancer du sein. Avec Ginto, ça a été un coup de cœur professionnel et très rapidement nous avons eu envie de travailler ensemble, nous avons alors créé des culottes contre la précarité menstruelle. Ces culottes ont beaucoup plu, j’ai donc voulu remettre ça pour la collection sur l’endométriose. Les deux autres produits sont les sweats et les totebags. Pour ceux-là, ça a été des demandes de la communauté sur Instagram ou des associations avec lesquelles je travaille.
J’aime l’idée que je ne suis pas seule à créer et faire grandir ma marque, et l’avis des celles et ceux qui suivent l’aventure est très important ! C’est d’ailleurs avec la communauté Insta que j’ai créé le tee-shirt autours de l’excision.
Pour le matériel, c’est toujours de la broderie, j’utilise aussi des perles pour la collection sur l’excision ou de la peinture textile pour le totebag sur l’endométriose. Et au niveau des tissus les produits sont fabriqués en coton bio et polyester recyclé.

Vous précisez que les tee-shirts sont unisexes, est-ce un sujet important pour vous ?

Pour moi il est important que tout le monde puisse acheter et porter mes produits, peu importe leur genre. L’égalité des genres est au cœur du projet Les Grenades et il n’y a pas de genre pour soutenir ces causes.
Aujourd’hui les tee-shirts sont unisexes mais je sais qu’à l’avenir ils ne le seront plus et que je développerais une gamme pour les silhouettes féminines et une pour les silhouettes masculines. L’unisexe a ses avantages et ses inconvénients, en effet pour les silhouettes féminines ces tee-shirts taillent grand, il faut bien compter une taille en dessous de sa taille habituelle alors que pour les silhouettes masculines il n’y a pas de soucis.

Depuis la création des Grenades, vous ne cessez de soutenir de nouvelles associations. Comment décidez-vous de soutenir telle ou telle cause ?

Le cancer du sein était une évidence pour moi au vu de mon histoire familiale. Ensuite, en tant que féministe, les violences faites aux femmes était le premier sujet que je voulais aborder. Pour les autres causes, elles m’ont soit été soufflées par la communauté sur Instagram, soit pas ce qui m’entoure. J’ai une liste avec tout un tas de causes féministes que j’aimerais soutenir ; il y en a certaines avec lesquelles je ne suis pas à l’aise pour le moment, sur lesquelles il faut que je me renseigne davantage. En début d’année je prépare les sorties de collections avec cette liste, c’est aussi pas mal au feeling que je les organise. Par exemple je devais sortir la collection sur l’endométriose en mars et une dernière collection en juin avant de reprendre sur le cancer du sein mais avec le confinement j’ai annulé la collection de juin et l’ai reporté à l’année prochaine.

© Les Grenades

Quel est l’objectif des Grenades sur le long terme ?

L’objectif sur le long terme est de continuer de soutenir les causes qui nous tiennent à cœur, fabriquer nos vêtements en Europe et dans des matières toujours plus respectueuses de l’environnement. Et aussi de participer à plus d’événements pour créer des moments de partages, d’échanges et de discussion autours de ces causes ! Sur le très très long terme, mon rêve serait d’ouvrir un lieu à mi chemin entre la boutique, le café, la salle d’expo où l’on pourrait organiser des évènements et conférences sur des sujets d’égalité, un lieu ultra positif où l’on se sent bien.

Vous travaillez à présent avec deux artistes, Ginto et Xuân Calen, comment sont nées ces collaborations ?

Comme je le disais, j’ai rencontré Ginto pendant Octobre rose, elle recherchait des personnes pour témoigner autours du cancer du sein, moi je lançais Les Grenades. On s’est rencontrées à un moment un peu charnière de notre vie professionnelle, on démarrait toutes les deux notre nouvelle vie entrepreneuriale, ce qui nous a beaucoup rapprochées et on a eu très vite envie de travailler ensemble.
Pour Xuân c’est un peu différent, elle recherchait des entreprises à impact positif avec lesquelles elle voulait travailler et m’a donc contactée par mail. À ce moment-là je n’avais pas de besoin mais j’ai beaucoup aimé son travail alors on est restées en contact via Instagram. Quand j’ai eu envie de travailler avec un.e illustrat.eur.rice pour la collection sur l’excision j’ai de suite pensé à elle. Ça a été un vrai plaisir de travailler avec Xuân, elle est très à l’écoute et elle a su saisir l’idée que j’avais sans même que j’arrive à la lui formuler précisément.

Les Grenades ce n’est pas qu’une marque : sur votre page Instagram, vous informez et sensibilisez également sur chaque cause que vous soutenez, ainsi que sur certains sujets liés, êtes-vous seule derrière tout ça ?

J’ai des amies qui m’aident sur certains points, qui me partagent des articles, documentaires, des idées, des personnalités à suivre… Elles font un peu la veille que je n’ai pas toujours le temps de faire, ce qui m’aide beaucoup ! Mais pour le reste je suis seule à mener la barque, j’espère un jour partager cette aventure avec d’autres personnes.

© Les Grenades

Quelle relation entretenez-vous avec votre public ?

La place de la communauté sur les réseaux sociaux est très importante pour moi, qu’il.elle.s soient client.e.s ou non, leur avis compte beaucoup !
J’aime partager cette aventure avec elles.eux, avoir leurs retours, recevoir leurs photos quand ils.elles portent leur tee-shirts Les Grenades. Tout cet aspect communautaire m’est très cher et c’est aussi ce qui me donne envie de continuer et de faire grandir Les Grenades, c’est elles et eux qui me motivent au quotidien.

Vous mettez également en place des évènements, peut-on en savoir plus ?

Évidemment pour cette année ça a été un peu compliqué, deux étaient prévus pendant la crise sanitaire et ont donc été reportés à l’année prochaine.
Fin novembre 2019 j’avais organisé un petit évènement pour la sortie de la deuxième collection, on avait échangé avec l’association En avant tout(e)s autours des violences faites aux femmes mais aussi des clichés femmes-hommes et on avait fini par un atelier d’initiation à la broderie.
Pour les autres évènements, ce sont plutôt des évènements déjà existants auxquels je participe, j’essaye le plus possible de proposer des stands avec un intérêt pour les visiteurs autre que juste acheter un tee-shirt. Alors ça peut être un atelier broderie, un moment d’échange, de sensibilisation ou tout autre idée qui corresponde aux valeurs des Grenades.

Aimeriez-vous partager quelque chose en particulier ?
J’invite les personnes qui ont lu cette interview et à qui le projet plaît à venir nous rejoindre sur Instagram, où de jolies choses vont arriver cet été !

Suivez le travail de Léa Pieche sur son compte Instagram

Propos recueillis par Elise Marchal

Articles liés

Tareek en spectacle à l’Alhambra
Agenda
27 vues

Tareek en spectacle à l’Alhambra

Pour la première fois à Paris, Tareek présente son tout nouveau spectacle “Life” où il nous parle avec légèreté de sa vie de papa célibataire divorcé. “Roi de l’improvisation,” il est toujours en interaction avec son public, ce qui...

Beyond the walls, un group show par la Cohle Gallery à l’espace Au Roi
Agenda
29 vues

Beyond the walls, un group show par la Cohle Gallery à l’espace Au Roi

La Cohle Gallery, la galerie nouvelle génération dédiée à l’art urbain et contemporain, présente sa nouvelle exposition collective Beyond the walls. Celle-ci aura lieu du 24 au 27 septembre 2020 à l’espace Au roi, 75 rue de la Fontaine...

Lek : “J’aime me voir comme un égaliseur de l’espace urbain”
Art
336 vues

Lek : “J’aime me voir comme un égaliseur de l’espace urbain”

Issu des premières vagues de graffeurs parisiens des années 80-90, Lek a toujours cherché à se dégager des codes du graffiti classique pour trouver sa propre voie et son propre tracé. Rencontre avec un grand graffeur de l’espace urbain...