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    Cinéma à domicile : 3 films à voir en avril 2018

    Lucile Bellan 24 mars 2018
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    La vie des films n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Carrière en salles trop fugace ou sortie en direct to VOD : chaque mois, Artistik Rezo vous propose de rattraper à la maison 3 films disponibles sur vos écrans et que vous n’avez sans doute pas encore vus.

    1) The Florida Project, de Sean Baker
    Présent aux Oscars grâce à la nomination de Willem Dafoe au second rôle masculin, le film de Sean Baker aurait légitimement pu truster les premières places et aller chatouiller les autres films favoris. Mis en scène avec brio par un Sean Baker qui avait déjà fait des merveilles sur Tangerine (réalisé entièrement avec un iPhone), le film suit une gamine de 6 ans qui vit dans un motel avec sa mère, à quelques pas du parc Disney World. Turbulente, la petite fille va peu à peu empirer son cas, multipliant les bêtises à mesure qu’elle s’enfonce dans une solitude liée aux difficultés croissantes de sa mère à joindre les deux bouts. Le film brille par sa façon de télescoper le monde des riches visiteurs du parc et celui, bien plus précaire, des locataires permanents du motel. Cela se traduit également par une réalisation inspirée, qui abuse volontairement des couleurs flashy pour mieux faire des lieux les décors faussement paradisiaques d’un véritable cauchemar éveillé. À la fin, on ne peut qu’en pleurer.

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=MDuPiT5Ejws[/embedyt]

     

    2) C’est tout pour moi, de Nawell Madani & Ludovic Colbeau-Justin
    Pas facile, le job d’artiste de stand-up. C’est ce que va découvrir à ses dépens Lila, jeune femme montée à Paris pour devenir danseuse, mais dont la tentative de reconversion précoce va se révéler être un parcours semé de tas d’embûches. En grande partie autobiographique, le film co-écrit et co-réalisé par Nawell Madani (qui a su se faire épauler pour ses grands débuts au cinéma) est un témoignage sincère, drôle mais souvent plombant, sur la difficulté de faire sa place quand on n’a ni relations, ni ressources, ni expérience. C’est tout pour moi est un premier film plein de punch, de tendresse, et surtout de recul sur les affres d’un métier bien moins “sympa” qu’il n’y paraît. Parce que faire rire, c’est sérieux. Et que c’est le rêve d’un nombre ahurissant de personnes.

    [embedyt]https://www.youtube.com/watch?v=kOnpvZtFUew[/embedyt]

     

    3) Je ne suis pas un homme facile, d’Éléonore Pourriat
    Notamment connue pour sa double casquette d’actrice et de coscénariste sur les films de Benoît Cohen (Nos enfants chéris, Qui m’aime me suive, tous deux portés par Mathieu Demy), Éléonore Pourriat a notamment réalisé un court-métrage nommé Majorité oppressée, dans lequel elle imaginait un monde où les valeurs soient renversées entre les hommes et les femmes. Autrement dit, une société matriarcale, où les femmes ont le pouvoir et où les hommes sont souvent méprisés et considérés comme des objets. Après une carrière assez calme en France, le court-métrage a fini par résonner avec force dans de nombreux pays étrangers, faisant même l’objet de débats passionnés sur le sexisme et d’articles dans des médias de renom comme le New York Times. C’est pourquoi Netflix a confié à la réalisatrice les clés d’un long-métrage adapté de son court, avec cette fois Vincent Elbaz dans le rôle-titre, et toujours le même postulat : imaginer à quoi ressemblerait un monde inversé. Cet événement mondial (si si) vaut réellement le détour.

    [embedyt]https://www.youtube.com/watch?v=kpfaza-Mw4I[/embedyt]

     

    Lucile Bellan

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