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    Gabriel Kröger : dans la peau d’un jeune dégueulasse

    Clémence Breux 7 janvier 2021
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    Professionnel du “fait maison”, Gabriel Kröger nous invite dans sa chambre d’adolescent pour écouter son journal intime.

    Journal intime

    Le Journal d’un jeune dégueulasse est une invitation à plonger dans l’exutoire adolescent d’un jeune autodidacte. Gabriel Kröger commence à enregistrer et mixer (lui-même) ses morceaux dès 2018. Seul dans sa chambre, il s’autorise à expérimenter, à recommencer sans contrainte de style, pour nous livrer un projet aussi instinctif que viscéral.

    Le titre de son album n’est pas sans rappeler celui du recueil de Bukowski, le Journal d’un vieux dégueulasse. Cette ressemblance se poursuit d’ailleurs jusque dans l’absence de majuscules.

    © Anna-Wenn Gilet-Janes

    Chapitres et obsessions

    Ce heureux hasard se retrouve dans les thèmes :

    Le morceau je déteste les gens tristes fait référence à l’alcool : “Je crois en mon bonheur aussi fort qu’un alcoolique croit être sobre”.

    Les femmes sont un thème central de la ballade de l’érotomane : “Elle m’envoie sans doute des lettres […] Pourquoi est-ce que je ne les reçois pas ?”.

    Le morceau orphée, quant à lui, évoque l’errance nocturne : “Je me sens comme Orphée, mais quand je me retourne il n’y a personne”.

    Enfin, le discours sur l’origine du monde apparaît comme un morceau contestataire : “Pour combler le vide ambiant […] ils trouvèrent chacun un palliatif : […] l’idéologie et la politique camouflées en morale, l’argent, le sexe”.

    De la réalité au sommeil

    L’album est un voyage initiatique à l’âge de l’adolescence qui, avant d’aborder des sujets plus spirituels, débute dans un style que Gabriel qualifie de “grotesque et grinçant”. Arrive un glissement où vérité et imaginaire se confondent, pour nous accompagner vers quelque chose de plus profond, qui nous extrait du réel.

    © Anne Mulot

    La fin du Journal peut de nouveau être rapprochée de l’œuvre de Bukowski, notamment dans le morceau qui le clôture, les gisants. Celui-ci évoque une phase de sommeil paradoxale, où le manque de repères nous enfonce dans un monde d’hallucinations. Finalement on se laisse facilement happer par cet album, sans prêter attention aux oscillations entre autobiographie et fiction.

    © Anne Mulot

    Inspirations

    “Musicalement, je citerais un album culte dans le genre anti-folk, Tomorrow is nearly Yesterday and Everyday is Stupid, de Crywank, précise Gabriel Kröger. “Et pour l’écriture, je dirais Car Seat Headrest. Pour cet album, que j’aime beaucoup, je me suis concentré sur le côté “punchlines”, phrases chocs, qu’on peut trouver dans l’écriture de ces artistes, ou bien dans le rap”.

    Gabriel Kröger nous a ouvert sa boîte de Pandore et il semblerait bien que d’autres petits trésors arrivent très vite, comme son projet Fantôme(s) en collaboration avec Marie-Lys qui sortira début 2021.

    Instagram des artistes : @gabriel_kroger et @marie__lys__


    Clémence Breux

    À découvrir également sur Artistik Rezo : Maeva : “Je chante mon histoire comme dans un journal intime”, par Elena Moret

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