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« L’indifférence est le pire de mes cauchemars », TR/ST se confesse à l’occasion de la sortie de son nouvel album

Antoine Ruiz 27 avril 2019
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TR/ST

Énigmatique, Robert Alfons, mieux connu sous le nom de TR/ST, sait comment séduire autant que préserver le mystère qui lui colle à la peau. Révélé en 2012, l’artiste canadien revient sur le devant la scène avec The Destroyer – 1, la première partie de son nouveau projet. De passage à Paris au Badaboum à l’occasion de sa tournée mondiale, TR/ST se livre à Artistik Rezo.

Cold wave, dark pop, post-punk… Une myriade de genres musicaux semble définir votre style. Mais comment décririez-vous votre musique, avec vos propres mots ?

Je décrirais ma musique comme quelque chose émotionnellement “trash”. Les paroles intimes contrastent avec les sonorités sombres et industrielles présentes sur chacun de mes morceaux. Écrire, produire et chanter ce que je fais est une manière pour moi de me libérer de tout ce que je ressens, de façon radicale. Cela est très palpitant et j’espère que tout ça est perceptible lorsqu’on écoute.   

Que rêviez-vous d’être quand vous étiez plus jeune ?

Je voulais être à la fois ouvrier du bâtiment, astronaute et gardien de but de hockey dansant.

Si vous deviez citer un artiste seulement, qui vous a inspiré longuement et qui continue d’influencer votre style, qui cela serait ?

Le groupe punk All My friends m’inspire continuellement et représente pour moi un flux constant d’inspiration autant pour ma créativité, que pour mon style et même pour me lever le matin.

Maya Postepski, une force éminente derrière la musicalité de TR/ST, aussi ancienne membre du groupe Austra… comment avez-vous été amenés à travailler ensemble ?

Un charmant génie humain et musical, qui fait partie intégrante du projet. Nous nous sommes rencontrés il y a près de 10 ans par l’intermédiaire d’une amie à Toronto après l’avoir vue jouer de la batterie en live. J’ai tout de suite accroché et je l’ai embarquée avec moi dans cette aventure.

Vous avez dit dans une interview qu’écouter votre votre musique en live c’était comme “pleurer sur une piste de danse”. Cela me rappelle fortement Robyn, connue pour ses tubes aussi dansant que nostalgiques. Quelles sont les émotions que vous voulez faire ressentir votre public au travers de vos chansons ?

Tout ce que je peux espérer, c’est que les gens éprouvent des émotions fortes après avoir expérimenté ma musique. L’indifférence est mon plus pire cauchemar. Que l’on danse, que l’on pleure, que l’on crie… peu m’importe. Ma musique est vivante et je veux qu’elle vive à l’intérieur de mon public.

The Destroyer, votre troisième album, est divisé en deux parties. Que symbolise-t-il pour vous ?

Cet album m’a fait apprendre beaucoup de leçons, mais aussi il m’a permis de revoir beaucoup de mes erreurs. Il représente une certaine forme de maturité, ainsi que de ténacité. J’ai surmonté les épreuves pour y venir à bout.

Vous l’avez écrit et produit entre Ontario (Canada) et Los Angeles. Si vous deviez choisir une de ces deux villes pour y finir vos jours, laquelle ce serait et pourquoi ?

C’est difficile de choisir, mais je dirais que j’apprécie énormément la vie à la californienne, ensoleillée, vivace, stimulante.

Los Angeles et sa foule d’artistes en quête de succès, noyés au milieu des médias de masse et des superproductions de popstars… Cela vous a-t-il effrayé ?

Ma vie à Los Angeles est très séparée de tout le faste. La plupart de la population n’y travaille pas, c’est une ville, au final, pleine d’incroyables personnes qui vivent leur vie à leur façon, mélangées les unes aux autres. Alors non, je n’en suis pas effrayé, au contraire. J’admire cette communauté éclectique qui fait toute la splendeur de Los Angeles.

Quelle est la différence entre TR/ST de 2012 et TR/ST aujourd’hui ?

Je dirai que je suis beaucoup plus mature qu’avant. J’ai aussi acquis une plus grande confiance en moi, à laquelle j’y ai rattaché également plus d’humour. Chaque étape de mon parcours artistique m’a amené vers une meilleure version de moi-même.

Quelles sont les causes contemporaines sur lesquelles vous mettez un point d’honneur ?

Selon moi, chaque personne mérite sa dignité, vis-à-vis de toutes les causes sociales actuelles – aussi nombreuses soient elles. C’est important de respecter cette prérogative individuelle et propre à chacun. Je suis également très soucieux aux problèmes environnementaux. L’engagement pour une cause n’est pas uniquement à la portée de tous, c’est un devoir universel.

Après Joyland (2014) vous vous êtes isolé pour composer The Destroyer, mais vous avez aussi participé au dernier projet de ionnalee Everyone Afraid To Be Forgotten. Comment cela s’est déroulé ?

J’ai vraiment adoré travailler avec ionnalee, c’est une artiste dotée d’un esprit aussi beau et créatif. Je suis très reconnaissant d’avoir vécu cette expérience à ses côtés. Il me tarde d’écouter son prochain album, Remember The Future.  

D’autres projets déjà en tête… ?

Je suis toujours en train d’écrire de la musique… La deuxième partie de The Destroyer est encore à paraître. Je ne suis pas prêt de m’arrêter.

Interview réalisée par Antoine Ruiz

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