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Travis Bürki. interview

13 mars 2009
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travis_burki
Beaucoup de journalistes vous comparent à Ferré, Higelin ou même Gainsbourg. Leurs travaux musicaux sont-ils en effet des éléments de votre inspiration ?

Bien sûr. Ils ne sont pas les seuls à avoir influencé ma création mais j’ai par exemple été marqué par la lecture de La mauvaise graine de Ferré, qui est un recueil de ses textes. J’ai abordé Ferré d’abord par ses textes. J’ai écouté ensuite. Je me souviens très bien d’avoir lu ses alexandrins Les anarchistes ou Ton cul c’est ton coeur sur une plage de Marseille en 1997. Higelin, je l’ai découvert sur un CD live au théâtre Mogador, j’ai été saisi par son sens de l’improvisation que j’ai par la suite vérifié en le voyant en concert, jusqu’à faire sa 1ère partie récemment. Des trois, Gainsbourg est celui dont je connais le mieux la discographie. J’ai longtemps écrit et composé des chansons en réaction à son oeuvre. Ce fut un modèle dont il n’a pas été simple de se démarquer mais aujourd’hui, je crois que j’y suis arrivé. Sans toutefois renier l’admiration que je garde pour nombre de ses albums Vu de l’exterieur, Mauvaises nouvelles des étoiles…

 

Qui appréciez-vous le plus dans la scène française et étrangère d’aujourd’hui ? Amy Winehouse pour son côté sexy-destroy ? Grand Corps Malade pour son émouvant débit de slammeur ?

Je vois qui est Amy Winehouse, je n’ai pu échapper à son batage médiatique mérité. À mon sens, elle a une grande voix et incarne très bien la jeune révolte en feu qui doit bousculer l’uniformisme ambiant en expansion. J’ai son disque mais ne l’ai écouté qu’une fois. Sinon, je ne suis pas sensible à ce que fait Grand Corps Malade. À l’époque où j’ai participé à de nombreuses scènes slam, beaucoup de slameurs avaient un bien meilleur niveau et un flot plus implacable que le sien alors, cela ne me transcende pas. Mais il est toutefois sympathique et non dénué de talent.

Qui sont les gens qui vous écrivent, qui viennent assister à vos concerts ? Des adolescents hystériques, des sexagénaires branchés, vos parents ; un peu tout à la fois ?

Oui. Et peut-être retrouvons-nous dans la diversité de mon public l’hétérogénéité de ma création.

 

Vous dédicacez votre meilleure chanson à quelqu’un. Laquelle ? Et pour Edouard Baer qui vous a lancé dans les médias ?

Je dédie CE GARCON à CE GARCON.

Je dédie DAPHNE à DAPHNE.

Je dédie BAMBI à BAMBI.

Je dédie TON POTENTIEL à Edouard Baer.

 

 

Au fait le FENG-SHUI, ça marche ?
Tout marche quand on y croit.

Nombreux sont vos textes qui parlent des femmes, de leur plaisir, de leur beauté… A ce propos, en avez-vous une dans votre vie ?

Oui. Et elles sont très belles.

 

Est-ce qu’ILS SE MOQUENT encore ?
Moins.

Charles Baudelaire a écrit : l’artiste n’est artiste qu’à la condition d’être double et de n’ignorer aucun phénomène de sa double nature. On connaît T. Bürki, le chanteur à la voix suave, l’auteur aux textes délicieux et professionnellement hyperactif. Mais comment décrire l’autre, Travis B. ?

Je ne connais pas les deux Charles Baudelaire mais cela doit être vrai de ceux dont le prénom s’accorde au pluriel. Si tel est le cas, je veux bien vous présenter Travis B en privé.

Et si vous aviez 20 ans de moins aujourd’hui ?

Je fumerais plus.

 

Poète, auteur, musicien ; pensez-vous avoir exploité votre POTENTIEL ?
Le potentiel n’est peut-être pas exploité par la fonction. Ce doit être plus une question d’amitié, de vision. Il n’y a qu’à lever les yeux pour voir… le pote en ciel.

 

Toujours dans les bacs le dernier album Ce garçon (2008) ! Et passé le Zénith de Paris le 17, Travis est en concert à Amboise jusqu’à la fin du mois de Mars 2009. Pour la suite, son actualité est à suivre sur http://www.travisburki.com/

 

Lucie Benhamou

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