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    Plein les mirettes avec “Pixel”

    Sarah Meneghello 13 octobre 2022
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    Pixel-mourad-merzouki-© laurent-philippe

    © Laurent Philippe

    Avec « Pixel »,  Mourad Merzouki confronte des danseurs de hip-hop et circassiens virtuoses à la vidéo interactive d’Adrien Mondot et Claire Bardainne. Au-delà de la prouesse (technique et artistique), un spectacle profond et poétique, un dialogue fécond.

    Sol qui se dérobe, gravité mouvante, espace resserré ou dilaté… Dans ce trompe-l’œil époustouflant, nos repères sont quelque peu chamboulés. Sur scène, des êtres de chair et de sang tentent d’apprivoiser des pixels envahissants. Vont-ils finir noyés ? Emportés vers l’infini et au-delà ? Nous voilà en tout cas projetés dans tous les possibles.

    Ballet pour dix danseurs-acrobates et des milliers de points

    Pour questionner notre rapport au réel dans un monde de plus en plus virtuel, les artistes qui mêlent leurs talents sont des pointures, chacun dans leur domaine. Danseurs (hip hop, capoeira) et circassiens (contorsion, cerceau, free style slalom…) illuminent littéralement le plateau.

    Inventeurs d’un langage numérique vivant animé grâce à l’intuition du corps, Adrien Mondot et Claire Bardainne ont conçu d’exceptionnelles projections 3D qui épousent à la perfection le mouvement de ces interprètes à l’énergie incroyable. Ils sculptent le virtuel. Mourad Merzouki n’est pas que chorégraphe ; ici, il se fait peintre. Du groupe, s’isolent parfois des électrons libres, magnifiquement mis en lumière. Sans oublier Armand Amar, à la composition musicale, dont le lyrisme achève de nous emporter. À la croisée des arts, gestes, images et notes fusionnent pour créer un monde à part. Féérique, même si, avec l’accélération du dérèglement climatique, le spectacle prend aussi une autre résonnance.

    Déluge numérique

    Pixel fascine. Pas seulement pour cette machine à illusions d’optique, une éblouissante débauche de pixels. Il nous émerveille par la force du réel qui éclipse finalement le virtuel. Une matière pétrie de chair et de sang, plutôt qu’un monde de synthèse.

    C’est l’un de nos coups de cœur de ces dernières années. Créé en 2014, et après de multiples tours du monde, ce spectacle est d’ailleurs auréolé d’un succès triomphal. Pour des raisons techniques, des représentations prévues durant les fêtes 2022 avaient été annulées. Ne surtout pas rater cette série exceptionnelle !

    Sarah Meneghello

    Lire la critique de Thomas Hahn

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