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    Obvious : “C’est l’algorithme qui identifie une nouvelle esthétique”

    Julie Caredda 3 décembre 2020
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    Obvious est un collectif de chercheurs, d’artistes et d’amis, travaillant avec les derniers modèles de Deep Learning pour explorer le potentiel créatif de l’intelligence artificielle. Hugo Caselles-Dupré, Pierre Fautrel et Gauthier Vernier sont à l’origine de la vente de la première œuvre d’art AI à passer par une grande maison de vente aux enchères.

    Sur le plan artistique comment votre concept a-t-il évolué ces deux dernières années ?

    Notre série la famille de Belamy a été exposée au musée Hermitage à Saint-Petersbourg en 2019, et nous avons eu la chance d’être exposés également au Canada, en plus de la France. Aujourd’hui, nous travaillons sur des projets artistiques multidisciplinaires provenant de différents milieux. Nous nous intéressons de plus en plus, par exemple, à la mode et à l’architecture et nous étendons le panel d’outils avec lesquels nous travaillons comme la vidéo ou encore les algorithmes de génération de texte. La majorité des idées viennent de notre collectif et quelques projets nous sont proposés pour des collaborations. Ainsi, nous avons un projet en cours avec Nike pour l’édition de 300 pièces et nous commençons prochainement un projet avec une des marques du groupe LVMH.

    Pourriez-vous nous parler du concept GANisme dans lequel vous vous inscrivez ?

    Après l’impressionnisme et le pointillisme, nos créations se basent sur le GANisme. Avec l’impressionnisme, c’est la réaction sensorielle de l’œil qui prime. Le pointillisme, basé sur une approche scientifique du visible, oblige l’œil et le cerveau du spectateur à combiner optiquement les couleurs. Le GANisme est une nouvelle esthétique pour laquelle l’analyse d’image est réalisée par un algorithme appelé GAN (Generative Adversarial Networks) – et non plus par l’œil. C’est l’algorithme qui identifie une nouvelle esthétique.

    @ Courtesy Christie’s New York

    Pourriez-vous nous présenter votre projet “la Marianne” ?

    Nous travaillons sur la symbolique de “la Marianne” comme représentation de la République, de ses valeurs et de toutes les Françaises. Grâce aux technologies dont nous disposons, nous souhaitons analyser un grand nombre d’images de femmes françaises et demander à l’Intelligence Artificielle (IA) de créer la femme française représentative de l’ensemble de ces femmes, dans leur diversité autant que leur concordance.

    Nous avons fait appel aux Françaises et sollicité un grand nombre d’associations féminines pour assurer la plus grande représentativité des Françaises dans notre base de données qui nourrira l’IA. C’est une œuvre collective et participative qui n’utilise pas un modèle, mais autant de modèles que de femmes qui contribueront. L’œuvre créée sera partagée sur les réseaux sociaux, par mail à toutes celles et ceux qui nous communiquent leur adresse. Nous fournirons également une variante unique de la Marianne aux mairies. Enfin, nous souhaitons proposer l’œuvre comme candidate pour être imprimée sur les prochaines éditions de timbres poste.

    Quels artistes vous inspirent ?

    Nous portons un regard particulier aux artistes pluridisciplinaires comme Daniel Arsham ou Virgil Abloh. Notre récente collaboration avec le sculpteur ghanéen Abdul Aziz Mohamadu nous a permis de découvrir son univers. Cette expérience riche a donné naissance à une série de masques africains d’un nouveau genre, grâce à un ensemble d’algorithmes et au talent de cet artiste original.

    Suivez le collectif sur leur site Internet ici


    Propos recueillis par Julie Caredda


    À découvrir sur Artistik Rezo :

    Obvious présente sa collection “Facets of AGI” à la Lebenson Gallery

    Entre street art, art pariétal et intelligence artificielle : le nouveau projet d’Obvious

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